Texte libre

  Une Mamzelle Peter Pan, c'est avoir des rêves en bataille ...
  Une Mamzelle Peter Pan, c'est pleurer de sortir d'un livre qui nous a transporté ailleurs et de revenir dans la réalité ...
  Une Mamzelle Peter Pan, c'est rire pour un rien et pour tout ...
  Une Mamzelle Peter Pan, c'est sourire en respirant l'air frais du matin, en route vers Paris ...

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Une cage pour les mots qui nous font s'envoler

"Une larme naquit dans un univers violet, roula sur le velours d'une joue, porteuse d'un bonheur sans limite [...]" P.Bottero

Passionnément

Dimanche 27 novembre 2005

Le Cadre Noir de Saumur …
J’ai eu le bonheur de le voir en représentation à Bercy hier soir. Intense, voilà le bon mot ! Tellement magique, entre chevaux aériens et musique enivrante. Même mon père, qui n’y connaît rien aux chevaux, a vu à quel point les chevaux semblaient voler. Une telle finesse, une telle symbiose entre cavalier et cheval, ça fait rêver. Si tout pouvait être toujours aussi simple en équitation ! Car on dirait que c’est tout à fait naturel, que tout coule de source. Un spectacle d’une beauté infinie et qui, le temps de quelques heures, fait oublier le monde entier.

 

 

 

Par Mamzelle Peter Pan
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Vendredi 21 avril 2006

Il doit faire bon, ces jours-ci, sur le dos d’un cheval …

Depuis quelques temps, j’ai l’impression d’avoir perdu une partie de moi. Une impression qui est remontée petit à petit en surface, jusqu’à devenir obsédante. Je crois que c’est depuis la fin de LPE.
 
Depuis que j’ai 8 ans, les chevaux ont fait partie intégrante de ma vie, m’ont portée, m’ont apportée une force que rien n’a jamais égalé. J’ai été une très mauvaise cavalière, mais j’ai réussi malgré tout à avoir un niveau correct. J’ai fait beaucoup de stages à Chevillon, mon paradis sur terre, et j’ai monté 2 ans d’affilée aux Bergeries. Je me suis fait de grosses frayeurs ! Il faut dire que je n’ai pas un don naturel à cheval … Loin de là !! Mais j’ai aussi connu les plus intenses des joies de toute ma vie. Ensuite, j’ai arrêté de monter aux Bergeries pour cause de dégoût (une histoire que la plupart connaissent avec des Gamette ;) !). En fait, internet a très souvent été mon unique lien au monde du cheval : d’abord les premiers pas à ChevalMag.com, puis Fleurarizo, puis les autres sites qui ont suivi et bien sûr, La Plume Equestre. Maintenant, je suis coupée de ce monde de toutes parts.
 
Je ressens le monde du cheval comme une gigantesque bulle. Les gens à l’extérieur de cette bulle ne se rendent pas compte de ce qui se passe à l’intérieur. Ils se sont fait une idée de ce qu’il y avait dedans – une idée tellement éloignée de la réalité ! Et ceux qui sont à l’intérieur sont tous liés par cette intime conviction qu’ils partagent un secret que les autres ne connaîtront jamais ; une conviction qui fait sourire, qui donne l’impression d’exister à part entière. Cette fièvre du cheval nous unit. Et moi, je me sens comme projetée hors de la bulle. Plaquée contre la paroi, je regarde avec une terrible jalousie et une folle envie ce qui se passe à l’intérieur. La paroi, je la touche du bout des doigts. Elle est faite de journaux, de pages de romans, de guides théoriques … Elle est froide mais brûlante. Et je me rappelle, je me rappelle … Ces sensations merveilleuses, enivrantes.

 
Je lis Cavalier seul de J. Garcin, et je trouve une citation de Gide parfaite :
« Je rentrais ivre d’air, étourdi de vitesse, les membres engourdis un peu d’une voluptueuse lassitude, l’esprit plein de santé, d’appétit, de fraîcheur ». La sensation si commune aux cavaliers qu’elle nous parle à tous ! Lors des heures où tout roule, où tout se déroule comme on le souhaite, on trouve sur le dos d’un cheval une joie magnifique, et lorsqu’on redescend, on se sent vivant. La tête nous tourne. Dans ces moments-là, j’avais sur les mains, sur le corps, l’odeur du plus bel animal qui puisse exister, et je savais que je ne trouverais jamais de meilleure place que celle-ci. De plus parfait instant que celui-ci. Ces souvenirs sont si intenses qu’ils pourraient tout aussi bien dater d’il y a 5 minutes !

Je voudrais retrouver ces moments. Le simple galop d’un cheval. L’odeur des écuries. Ces baisers si tendres sur leurs jolis nez ! L’épuisement délicieux d’un après-séance. L’écoeurement face au traitement des chevaux dans certains clubs m’en a tenu éloigné, mais je crois qu’il est peut-être temps d’aller voir ce qui s’y passe aujourd’hui. Qui sait, peut-être que je n’aboutirais à rien, que je ne trouverais pas ce que je cherche, mais il y a un si grand vide à combler. Je ne veux plus être une spectatrice, c’est trop douloureux. Cette bulle m'écorche le coeur.

« Je n’ai jamais cru en Dieu qu’à cheval » (C. De Rivoyre)

Comme il doit faire bon, ces jours-ci, sur le dos d’un cheval.

 

 

Par Mamzelle Peter Pan
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Jeudi 27 avril 2006

Aujourd’hui, petit détour par le centre équestre de Montgeron. Ce qu’il y a de (très) bien, c’est que c’est sur la route allant de la gare à chez moi.
J’y étais déjà allée, il y a des années de cela, mais un moniteur (appelons-le Baëtan) m’en avait vite détourné – un vrai sadique ! Heureusement pour moi, il est parti.

 
Enlevant mes écouteurs, comme si la technologie et les vulgaires oreillettes pendant autour de mon cou n’avaient pas leur place dans cet endroit, je parcourais lentement le chemin de graviers longeant la 1ere carrière. Un peu plus loin, une 2e carrière (d’obstacles) et un rond de longe. A gauche, un petit escalier de pierre à monter pour arriver au « point de convergence » : petit manège, bureau d’accueil et écuries. Bien sûr, en ce jeudi après-midi, le centre était particulièrement calme et vide. Un bel alezan travaillait en liberté dans le petit manège, et les autres étaient sagement dans leurs boxes. Je vais donc réclamer une feuille indicative des prix pour des cours à l’année. Personne au bureau, mais une jeune femme vient prendre quelque chose au distributeur pour le petit garçon qui l’accompagne. Un petit garçon adorable et, tristement, légèrement autiste ; spontanément, il vient me caresser la joue avec un grand sourire. On vante la générosité et la gentillesse de ses enfants, eh bien ce ne sont pas des racontars ! C’est une jeune fille qui vient me donner la feuille des tarifs, et par la même occasion, je lui donne quelques feuilles de pétition pour A.D.I.E.U.. Ensuite, un petit tour s’imposait ! Je vais voir les chevaux de club et de propriétaires, certains la tête plongée dans le foin, d’autres somnolant, d’autres encore curieux. Ceux-là, je vais les embêter un peu : bisous sur le nez, caresses … J’ai beau leur dire que manger la main des inconnus ça ne se fait pas, ça ne les gêne pas !!
Chez les proprios, il y en a une qui est adorable. Elle s’appelle Félicie, et une fois que vous lui dites bonjour, ne vous avisez pas de partir car sinon, Mademoiselle tape sa porte du menton ! Mais non non non, ça ne marche pas avec moi (enfin, une fois, c’est tout :D). Tout au bout des écuries, il y a le grand manège couvert.
Bref, je repars avec les mains imprégnées de cette odeur que j’aime tant. En entrant dans les écuries, je me suis sentie si bien que j’ai hâte d’y retourner. Malgré ça, il faut bien avouer que quand j’ai pénétré dans ce club, je n’étais pas non plus rassurée : comme je l’ai déjà dit, l’équitation n’a jamais été naturel pour moi et j’ai donc connu d’assez mauvais moments, surtout à mes débuts. Mais bon, je suis bien décidée à enlever cette angoisse stupide et irraisonnée de ma tête, et profiter pleinement du bonheur de côtoyer enfin des chevaux. Je compte bien progresser et m’amuser, et j’ai hâte d’y être !!

 

 

 

Par Mamzelle Peter Pan
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Vendredi 5 mai 2006

« Le cheval tire son élégance et sa noblesse de sa tête, de son encolure, en un mot, de son avant-main. Cette avant-main représente les classes dirigeantes. La triple puissance du cheval se trouve dans les reins, dans la croupe, dans les jarrets, en un mot, dans l’arrière-main. Cette arrière-main représente le peuple. Si, au lieu de mettre les deux parties en harmonie, vous les opposez l’une à l’autre, vous ne pouvez pas gouverner. C’est la même chose en équitation. »

Respect, Monsieur Baucher.

 

Par Mamzelle Peter Pan
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Samedi 6 mai 2006

Comme une brave fille que je suis, je vais en cours … le samedi … subissant 2h de médiéval … alors que normalement on n’a pas cours … Allez, dites-le, je suis une brave fille ! (bon ça va … !)
Le post qui va suivre (non, il ne va pas s’autodétruire …) fera plaisir à ma prof de médiéval (même si je n’ai aucune envie de lui faire plaisir parce qu’elle a une voix horriblement stridente et ses cours, c’est pire que d’aller chez le dentiste).

 
Je suis une hérésiarque. J’ai créé ma propre hérésie. Je ne crois ni en Dieu, ni aux dieux, ni même aux êtres humains. Je ne crois qu’en deux choses : le cheval et la centaurisation.
 
Les êtres humains vivent puis meurent, admirent puis jalousent, (s’)aiment puis (se) déchirent, donnent confiance puis trahissent, croient puis ne croient plus ... Ils tuent au nom du bien, se corrompent pour la gloire. « Dieu n’a pas mal réussi la nature, mais il a raté l’homme » : je doute que Dieu soit en cause, mais en tout cas, l’homme est loin d’être la plus grande des créations.
 
Ma croyance, ma foi, ma dévotion vont à cet être qui m’a donné des millions de fois, comme ça, isolément, sans que je ne l’aie mérité une seule fois. Cet être dont la pureté des mouvements, la justesse de ses jugements, la complexité de son esprit et la simplicité de ses sentiments m’ont séduite jusqu’au fin fond de l’âme. Et quand bien même certains ne le comprennent pas : j’aime plus le cheval que l’homme, et je voudrais plus être lui que moi. Je voudrais, en tout cas, atteindre l’état de centaure : mêler, un jour, cheval et femme dans une fusion qui dépasse les plus grands penseurs. J’aimerais pouvoir sentir le cheval se sublimer entre mes mains - sublimé car resté lui-même -, danser avec lui, voler avec lui.
Il n’y a qu’en ça que je crois. Oui, j’attends le paradis. Pas celui des nuages et du bien-être post mortem, mais celui des chemins d’herbe tendre pliant sous des sabots légers, le cliquetis d’un pas rythmé, le vol au-dessus d’un champ et la soie de naseaux nichés dans mon cou.

Rencontrer Dieu ? Mais voyons, c'est déjà fait !

Par Mamzelle Peter Pan
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